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[ Espagne & Pays-Bas ] Bataille des Dunes - 1639

 
Maître du Jeu
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god



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MessageSujet: [ Espagne & Pays-Bas ] Bataille des Dunes - 1639 Mar 9 Juin - 13:57






"
You think I deserve more pain, so give me all you got,
I will stand here waiting as you kill me on the spot.

Reduce me to the size you feel that I have since become,
All I did was ail you, after you thought of me as the one.


"



Citation :
"Messieurs,

Dans le cadre de la recherche et de votre cursus scolaire, vous êtes convoqués à une quête du Projet Revival, salle PR, à 8h le Vendredi 12 Juin. Vous serez tous deux dispensés de cours d'Économie et de Littérature ce jour.
Vous serez encadrés par un professeur disponible à cette heure.

L'intelligence artificielle vous donnera les détails de votre mission sur place.

Cordialement,

L'administration."

[Malgré la chaleur extérieur de ce début de mois de juin, la salle réservée au Project Revival et fraîche et agréable, peut-être un peu trop, comme si la climatisation était un peu mal réglée. Mais bref, vous vous installez et le vieil homme à l'écran fait son apparition pour, comme toujours, vous détailler la mission qui vous concerne aujourd'hui.]

Bonjour,

Veuillez prendre en compte les mesures de sécurité indiquées sur le règlement.
Si vous êtes malades, fatigués, blessés, ou autre, veuillez le préciser à votre professeur qui décidera ou non si vous êtes aptes à travailler.

Installez-vous sur les couchettes et placez votre tête et votre bras dans les zones appropriées.
L'écran sur votre gauche vous indique les date et lieu de votre quête.

[L'écran affiche : « Europe. 1639, Mer du Nord. Les Downs. »]

Votre mission consistera, à déterminer ce que sont devenus les derniers bateaux à la fin de la bataille.
Vous serez noté à la fin de cet exercice

[ http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_des_Downs ]

La flotte hollandaise, commandée par l'amiral Maarten Tromp, y remporte une victoire décisive sur les Espagnols, commandés par l'amiral Antonio de Oquendo.


La synchronisation débutera dans trois... deux...



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MessageSujet: Re: [ Espagne & Pays-Bas ] Bataille des Dunes - 1639 Mar 9 Juin - 14:32



Se retrouver couché dans cette pièce en compagnie de Maarten semblait devoir devenir une routine. Au grand malheur des deux garçons qui n'avaient probablement qu'une envie, avoir le plus d'océans possible les séparant, les professeurs pourtant insistaient sur ces rencontres sous prétexte que la relation Pays-bas - Espagne pouvait apporter des prétendues clés sur des questions qu'ils se posaient.

Ils se regardaient de nouveau en chien de faïence ou tout simplement faisaient semblant de ne pas se connaître l'un l'autre comme si cela aidait à supporter cette corvée. Mais la véritable corvée s'arrêteraient au moment où ils fermeraient tous les deux les yeux et plongeraient dans cette abîme virtuelle, car le sentiment qu'avait Antonio quand il devenait un pays était l'exaltation. Qu'importe ce qu'il s'y passe il se sentait lui même, à sa place et dés qu'il verrait le ciel des siècles plus tôt il oublierait leur relation avec Maarten à l'académie, aux Etats unis.

Et ce fut ce qu'il se passa encore cette fois, Antonio devenu Espagne ouvrit les yeux sur un paysage parfaitement gris,le ciel, autant que son équipage était juste. Gris. Il les observait d'un oeil grave et silencieux alors que les souvenirs s'éclaircissaient au fur et à mesure dans sa tête. Après une trêve de 12 ans après les guerres, à parlementer avec la belgique et les pays bas les hostilités avaient repris, simplement parce que les pays-bas refusaient de se plier, encore et toujours à la religion catholique. Les espagnols eux avaient le droit à la liberté de culte mais c'était bien normal, ils étaient espagnols, car la véritable raison du conflit entre le royaume et sa colonie était au final loin d'être une question de religion, tout ça n'était qu'un pretexte pour faire plier le hollandais. Ces dernières années s'étaient passées pour Antonio à régler ses affaires du monde, tandis que l'épine hollandaise continuait à le lanciner ça et là, elle était si enfoncée qu'elle en devenait obsédante et Antonio n'avait de cesse d'envoyer des lettres et des ambassadeurs pour faire plier ce petit pays insignifiant qui menaçait de le rendre fou. Pendant tout ce temps il n'avait pas croisé pays bas et avait d'ailleurs espéré ne le revoir que ramassant son éternelle boue d'un air fatigué.

Mais l'épine s'était infectée et les hollandais empiétaient lourdement sur le commerce de l'Espagne sur les 7 mers. C'en fut trop et la guerre recommença dans un quasi soupire de soulagement car le royaume d'Espagne n'avait qu'une envie, c'était couper tous les membres de ce pays insolent pour l'empêcher à tout jamais de fuir. Cela durait depuis tellement longtemps que c'en était devenue une question de fierté, d'honneur, de politique mais aussi d'économie, alors qu'il y avait tout un empire à gérer c'était lui cette petite portion de terre qui lui tenait la tête et acaparait la moindre de ses pensées.

La nouvelle Guerre avait débuté cette année de 1639 et les 77 navires que le brun décidé à en finir envoya dans la mer du nord à ce moment subirent de très graves dégats face à la férocité du commandant des tous petits bateaux hollandais, Maarten s'était tenu là comme un rocher dans la mer accroché aux profondeurs et qu'il faudrait entreprendre de déraciner pour un jour l'arracher. Il se tenait là avec son regard insolent et ses techniques de combat qu'il avait du étudier des jours et des nuits durant pour en découdre avec les lourds galions espagnols. Il semblait à Antonio qu'il eut connu à ce moment tous ses points faibles. Le vent du nord ne lui portait absolument pas chance et tout cela détruisit son moral. Ces eaux noirs et froides commencèrent à lui faire peur, quand tout l'océan avait un jour été son ami, son tapis bleu vers les conquêtes, aujourd'hui cet endroit lui faisait penser à un cimetière et des statues humaines viendraient bientôt décorer les abysses.

Il se tourna rapidement vers l'angleterre qui était à l'époque assez indifférent et neutre par rapport à ce qu'il se passait autour de lui, il n'avait pas envie de lui demander de l'aide mais il n'avait pas le choix. Cela serait finit rapidement, quelques jours et lui et pays bas connaîtrait l'issue de leurs interminables pourparlers et guerres sanglantes, la lassitude, la rage et l'impatience voilà ce qu'il y avait dans l'air.
La Belgique encore catholique servit de port à Antonio qui attendait les ravitaillements anglais. La douce jeune fille ne savait décidément pas pour qui prendre parti dans cette guerre entre son roi d'Espagne et son frère bien aimé. En attendant l'Angleterre pourrait très bien changer d'avis et se retourner contre lui, ce fut après de Belgique qu'Antonio se consola un peu mais il était seul contre Pays-Bas et l'agressivité qu'il mettait à finir cette bataille au plus vite. Ce qui n'arrangeait pas Antonio vu qu'il devait réparer sa flotte et que les matériaux en provenance de l'Angleterre n'arrivaient que trop lentement. Maarten avait la décence d'attendre un peu, il voulait que cette bataille soit livrée d'égal en égal, Antonio pensait qu'il profiterait de la moindre faiblesse mais il n'en était rien, c'était tout ou rien.

Il était faible, ses bateaux abimés et son équipage malade. Ses yeux étaient rouge sang il semblait au bord de la mort. Et pourtant il se tenait fièrement debout, imposant comme le drapeau espagnol qui flottait dans le ciel grisâtre. En ce matin du 21 Octobre 1629 allait se décider lequel des deux hommes abattrait l'autre.
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MessageSujet: Re: [ Espagne & Pays-Bas ] Bataille des Dunes - 1639 Sam 5 Sep - 1:12



Original soundtrack : " AMSTERDAM " - Dropgun

Spoiler:
 

Sur les visages des marins hollandais, ravagés par les embruns, se lisait l'impatience grandissante de montrer à l'Histoire leur supériorité navale sur les espagnols et leurs pathétiques petits alliés portugais. L'annonce des vents favorables n'avaient fait qu'embraser leur détermination. L'armée ennemie, si longtemps haïe, si longtemps crainte, allait enfin connaître toute l’entièreté du courroux des Provinces-Unies et de tous ses hommes. Debout sur le pont de son bâtiment de prédilection, l'incarnation du petit pays en forme de lion laissait son général prendre les décisions logistiques et stratégiques. Des ordres étaient envoyés de navire en navire, et le grand blond au visage complètement fermé marchait à pas lents le long du pont, observant la mer en ce matin opaque. Il savait que depuis les berges, Angleterre scrutait, comme une vieille voisine curieuse et avide épie sans relâche, attendant le moindre signe de faiblesse d'un des deux camps. Il savait qu'il n'y avait personne à qui l'on pouvait faire moins confiance qu'à la perfide Albion, aussi Tromp avait-il envoyé quelques vaisseaux surveiller ce potentiel ennemi qui pourrait venir en aide aux espagnols. Aujourd'hui Angleterre ne ruinerait pas sa bataille. Qu'il essaye. Une horde de marins armés jusqu'aux dents l'attendait de pied ferme. Ce petit détail logistique réglé, il ne restait plus qu'à mettre en place ce qui détruirait le véritable ennemi.

S'éloignant de la proue pour marcher vers la poupe et vers son immense drapeau flottant fièrement dans les vents frais de ce début de journée, le hollandais voulut mettre un peu de feu dans sa pipe, mais ses mains tremblaient. Sous ses extérieurs composés bouillonnait une tempête qui ne demandait plus qu'à exploser.  Au loin flottaient les pavillons de la monarchie espagnole, et leur simple vue suffisait à réveiller tous ses instincts agressifs, lui qui avait plutôt adopté une stratégie de commercialisation offensive en lieu et place d'interventions militaires effrénées. Quand il prenait les armes, c'était en général contre des autochtones insupportables et insubordonnés, qui lui opposaient une résistance farouche mais à peu près aussi efficace qu'un enfant tentant de frapper sur une armoire à glace ; ou bien contre des sud-africains qu'il n'avait pas encore réussi à amadouer avec quelques breloques brillantes. Rien ne l'intéressait moins que des batailles dont le seul but était d'établir une domination qui tombait sous le sens. Mais aujourd'hui, c'était différent. En ce 21 octobre, il allait démontrer l'ordre logique des choses : l'élève surpasse le maître, et l'esclave se libère de ses chaînes pour étrangler avec, et à mort, son propriétaire. Il n'était pas question de perdre, pas aujourd'hui.

D'une oeillade avisée, il vérifia que les bateaux que le général avait envoyé en repli à l'arrière des troupes espagnoles avaient effectivement pris leurs positions, et il retira son chapeau qu'il allait déposer dans sa cabine, proprement, sur un porte-manteau en bois taillé. Il regarda la pièce, les cartes étalées sur la grande table, les candélabres, les décorations en or, les babioles récupérées ça et là sur les continents. Tout cela serait ramené intact au pays après la victoire, ou il s'engageait à tout voir brûler, lui et l'armée espagnole avec. Il vit son reflet dans la grande glace sur l'armoire. Avait-il un jour été le petit garçon travailleur au fond d'un champ boueux à travailler avec une pelle et une pioche pour rendre son pays vivable, sans jamais se plaindre ni même vraiment parler ? Avait-il un jour eu une lueur de joie et d'admiration dans les yeux quand il regardait sa soeur, quand il regardait Espagne, quand il découvrait avec la passion innocente d'un enfant tous les délices que le monde pouvait lui offrir ? Ce visage était-il encore simplement capable de sourire ? La mer, l'argent et la rancune avaient sculpté une expression dure qui résisterait à toutes les épreuves, et qui n'en laisserait plus rien paraître qu'une froideur toute contrôlée et une colère mal contenue. Il se détourna de son reflet. Il avait vu ce qu'il voulait voir. Il avait vu qu'il n'était plus un enfant, et qu'il n'y avait plus de tendresse ou de faiblesse dans son apparence physique, et ça lui suffisait. Espagne ne pourrait plus tenter de le décrédibiliser et ses hommes n'avaient plus qu'à prier pour sa clémence.

Au dehors, les cris et les vagues qui fouettaient contre les coques des bateaux annonçaient le début des festivités. Espagne avait bien tenté de s'échapper, de trouver diverses excuses stupides pour justifier le fait de décaler le début de la bataille ; et il attendait du matériel d'Angleterre pour réparer ses pauvres petits bateaux, hein ? Imbécile. Trop fier pour avouer qu'il savait qu'il ne pouvait rien faire d'autre que fuir la queue entre les jambes. Trop fier pour se rendre. La fierté ne lui avait jamais fait que du tort. Monter un blocus efficace et impossible à traverser n'avait été qu'une partie de plaisir, et maintenant que les bateaux espagnols étaient presque à portée, le hollandais se sentit transporté par une sorte de haine sourde enfermée dès qu'il n'avait pas le pavillon de la monarchie sous les yeux. La croix rouge dentée sur fond blanc agissait sur lui comme un déclencheur ; soudain le calme négociateur laissait place à la furie hollandaise, et dès que l'assaut commença, il n'avait pas pu s'empêcher d'ordonner à son général de briser la ligne de défenses pour s'avancer plus vite vers l'ennemi pour l'envoyer au fin fond des océans le plus rapidement possible. Il savait que celui qu'il cherchait se cachait sur le navire principal d'Oquendo, et il ne perdit pas une seconde pour passer à l'abordage, exterminant des espagnols à tour de bras comme tous ses hommes. Il remarqua que quelques galions paniqués s'étaient échoués volontairement pour se retrouver sur les cotes anglaises, sur lesquelles ils seraient pillés bien entendu, dépouillés jusqu'au dernier. Oh, le délice de l'ironie mêlé à l'adrénaline de la bataille. Du sang, de l'eau, des bateaux espagnols en feu. Maarten avait toujours préféré les jours nuageux.

Où es-tu, Carriedo ?
Tu es enfermé comme un rat au fond de son trou, tu ne peux pas t'enfuir, et tu ne peux pas te cacher. Tu n'es plus rien qu'une proie.
Montre toi.
Que je te rappelle ta place.


Quand enfin il le repéra au milieu du tumulte, il dégageait une telle aura dévastatrice que ses adversaires humains préférèrent abandonner la lutte.



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MessageSujet: Re: [ Espagne & Pays-Bas ] Bataille des Dunes - 1639 Dim 4 Oct - 9:58

Spoiler:
 


Le drapeau de la monarchie espagnole ondulait violemment dans le vent, blanc et orné de deux traits rouges dentés tels des chaînes qui rappelaient le destin de chacune de ses colonies il siégait sur chacun des inombrables bateaux de la flotte espagnole. Pourtant aujourd'hui il avait l'impression que cette fidèle croix qui représentait son empire serait celle sur laquelle il serait crucifié, après avoir commencé à attaquer les navires hollandais qui transformait la mer déja agitée en enfer Espagne voyait que la situation était absolument désastreuse. ç'avait été début d'une lutte acharnée contre la puissance militaire de pays bas, qui lui tenait fièrement tête du bas de son petit pays... et malheureusement pour Espagne c'était exactement pour ça qu'il était en train de perdre. Son immense empire était représenté dans ces lourds galions qui étaient comme des géants, lents et lourds face à des petites frégates traversant la mer comme des aigles, écorchant tous ensemble pour détruire lentement mais sûrement les gargantuesques bateaux d'Espagne.


La sueur et l'eau de la mer lui coulait sur le visage, Espagne hurlait des ordres à ses hommes à s'en éteindre la voix, il leur ordonnait de continuer le combat mais les espagnols avaient moins de mal à accepter la situation que leur pays : ils courraient à leur perte. L'armée hollandaise était en train de les terroriser, après tout elle n'avait rien à perdre, lui il avait tout à perdre, la domination de sa flotte sur les mers, et peut être même son empire tout entier. La situation s'était exacerbée au point que cette bataille était particulièrement décisive dans l'avenir de son pays, Espagne se demandait répétitivement comment il avait pu laisser les choses dégénérer à ce point, n'avait-il pas tout fait pour contenir le jeune pays-bas depuis le jour où il l'avait recueilli ? Dire qu'il s'était occupé de lui, il avait été un maître sévère il est vrai mais comment voulez vous élever une colonie correctement sans un minimum de fermeté ? Il passait pour le méchant dans cette guerre mais il savait bien qu'il avait été bon, et que tout ce qu'il avait voulu c'était apporter la paix, et le bien dans chaque pays qu'il avait conquis, surtout au sein même de l'Europe.

Dire que ce grand blond aux traits germains avait un jour été son ami. Son compagnon, il se souvenait avec rage des discussions qu'ils avaient pu avoir, et puis soudain oui, voilà, l'ego de Maarten Van Galen avait commencé à croître et qui s'était cru mieux que tout le monde en inventant une nouvelle religion, en inventant de nouvelles manières de gérer son commerce, et dans une ingratitude rare il avait voulu se débarasser de celui qui l'avait probablement sauvé des eaux qui menacaient de l'engloutir. Espagne aurait dû le laisser se noyer, ç'aurait été dans l'ordre des choses, ç'aurait été le destin naturel de cet adolescent insupportable qui était devenu homme avant qu'il ne le remarque.

Tanguant sur le bateau il fixait la flotte hollandaise, laissant son coeur se remplir de haine pour trouver la force de lutter contre lui, il aurait tout renié si le diable venait à ce moment à lui et lui proposait de lui vendre son âme contre la tête de pays bas. Il était prêt à tout mais il ressentait la peur de chaque homme espagnol à cet instant, et ses jambes étaient figées, tremblantes, il était face à un mur infranchissable pour la première fois de sa vie, et il le refusait.

Un homme lui cria soudain qu'Antonio Oquendo, le chef de la flotte espagnole s'était arrêté pour bloquer les dangereux navires hollandais qui débarquaient sur eux. Un homme de son navire attrapa la barre pour virer complètement et changer le cap, le bâtiment se tourna brutalement et fit presque tomber Espagne qui avaient été jusque là figé sur ses jambes d'un air apeuré. Ses hommes étaient affolés, hurlaient d'horreur et d'espoir aussi, l'espoir de réussir à s'enfuir avant que Pays-Bas ne les atteigne et ne les fasse rejoindre le cimetière qui s'était créé plusieurs mètres en dessous d'eux. Espagne ne savait pas où était Pays-Bas parmi tous les bateaux et il les regardait un par un, même si le repli était parfaitement naturel il.... ne voulait pas...ça ne pouvait pas se finir comme ça. Il se tenait au bateau, avançant tant bien que mal pour regarder de tous les côtés, il semblait vérifier qu'aucun bateau hollandais ne les suivait trop près, la vérité c'est qu'un seul bateau l'intéressait à cet instant.
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MessageSujet: Re: [ Espagne & Pays-Bas ] Bataille des Dunes - 1639 Dim 25 Oct - 19:30

La fuite.
Il choisissait la fuite.

Le petit climax que le représentant des Provinces-Unies attendait avec impatience lui filait entre les doigts, comme ça, au milieu du tumulte de la bataille et des vagues qui fouettaient les coques des bateaux qui s'entrechoquaient. Derrière lui, ses hommes exultaient. Ils parvenaient à faire fuir le gros de la flotte ennemie, qui tentait de s'échapper de la colère hollandaise comme des lâches. Ils avaient fait de leur ancien maître un pleutre. La fierté, la joie, et l'impatience d'achever de brûler tout ce qui se dressait sur leur chemin les transportait, mais Maarten avait baissé son arme sans quitter des yeux l'espagnol qui ne l'avait pas vu. Son épée lui paraissait plus légère entre ses doigts crispés, mais tuer des humains ne l'intéressait pas. Voir les militaires espagnols paniquer et fuir lui procurait un sentiment de fierté, mais pas de satisfaction profonde. Cette satisfaction, il ne parviendrait à la ressentir que lorsque Carriedo serait écroulé devant lui à supplier sa merci. Il resta longuement silencieux pendant que ses hommes s'occupaient de tenter d'exterminer ce qui restait de l'armada, mais son regard glacial suivait les autres galions qui lui tournaient maintenant le dos.

Au fond de lui, il ne pensait pas que l'espagnol s'était métamorphosé soudainement en pathétique fuyard. Et il ne cherchait pas non plus à sauver ses hommes ou ses bateaux. Il n'avait que faire du bien être de ses marins, il n'avait que faire de perdre quelques bouts de bois flottants. Maarten le connaissait depuis assez longtemps pour savoir que la fierté ibérique brûlait en lui et ne l'aurait jamais laissé s'enfuir ainsi. Antonio ne se préoccupait de personne à part de lui-même. Son expression se rembrunit quand il comprit le petit jeu que son ennemi était en train de jouer.
Il ne fuyait pas.
Il se désintéressait de la bataille. Il laissait le menu fretin tenter de calmer la colère du petit peuple de gueux des mers, et peu lui importait si cette bataille était perdue ; il retournait s'occuper d'affaires plus importantes peut-être, une missive de dernière minute. En somme, il se moquait de lui. Il le savait : il n'aurait pas la paix et il n'aurait pas l'indépendance tant que l'espagnol ne serait pas à ses pieds en train de supplier pour sa vie. Il se rendit compte qu'il broyait son épée dans sa main, et la rembarde du bateau de l'autre.

Provinces-Unies : "Tromp. Laissez les deux autres navires s'occuper des misérables qui restent. Nous suivons ceux qui fuient. Je ne dormirais pas tant que ce qui reste de cette flotte ne sera pas brûlée et écrasée au fond de l'océan."

Le général se tourna vers lui avec une expression emprunte de surprise, mais aussi de pitié. De pitié parce qu'il reconnaissait dans les yeux de la nation cette agressivité intransigeante, cette rancoeur brûlante, de celles que l'on ne ressent que pour son propre père ou son meilleur ami qui vous aurait trahi. Le vieil homme connaissait assez bien ce mystérieux personnage blond qui l'accompagnait en guerre : il savait qu'il mentait, et qu'il ne dormirait que quand il aurait compris que rien ne guérirait jamais la plaie d'avoir fait confiance à un être cher et avoir été bafoué.

Tromp : "Je reste ici pour combattre Oquendo. Je vous laisse le reste de la flotte. Faites attention à vous, Van Galen. Les espagnols savent qu'ils ont perdu, aujourd'hui. Ne faites rien que vous puissiez regretter."

Le grand blond ne prit pas la peine de répondre, et Tromp quitta le navire pour aller sur l'autre bâtiment le plus proche, laissant celui-ci aux mains du blond qui prit la barre. A vivre allure, avec l'aide du vent, ils avançaient jusqu'aux espagnols qui tentaient de fuir. La violence n'avait jamais été sa priorité. Mais quels autres choix avait-il ? Aucun autre choix que la guerre pour se libérer du joug du Voleur. Pas d'autres options que la mort pour mériter de diriger sa vie comme il l'entendait. Pas d'autre méthode que la violence pour se venger de la violence.

Oeil pour oeil, dent pour dent. Ton précieux petit Jésus proposait de tendre l'autre joue, n'est-ce pas ? Reviens ici, Carriedo. Reviens ici faire pénitence. Je te ferais regretter chaque vie volée sur mon territoire, chaque minute de ta répression diabolique, chaque pièce d'or volée, chaque minute de mon temps à t'admirer.

Et à mesure que son navire s'approchait de celui de l'ennemi qu'il voulait envoyer par le fond, il sentait la colère se faire plus dévorante.
Il se revoyait, plus jeune. Impatient, aux portes de la ville, impatient de voir arriver Charles Quint et le beau jeune homme aux yeux brillants vêtu de rouge. Oh, il était parfois cruel. Il était parfois sévère. Mais il était riche, il était puissant, il lui avait tendu la main quand personne d'autre ne l'avait fait, il lui avait offert aide et sourires aimables quand il ne connaissait que pauvreté et luttes acharnées. Il lui avait donné l'impression, des décennies durant, qu'il n'était pas le petit paysan inintéressant qu'il pensait être. Il lui avait fait croire, peut-être, qu'il valait quelque chose. Et dans l'intime conviction, le fol espoir de l'impressionner, petit Maarten s'était mis au travail, acharné, pour grandir et lui faire honneur.

A la patrie fidèle
je reste jusque dans la mort.
Un Prince d'Orange
je suis, franc et courageux,
le Roi d'Espagne
j'ai toujours honoré.


Regarde-moi.
Tu ne m'inspires pas confiance mais je ne te laisserais pas passer à côté de moi sans me voir. Je suis peut-être petit, mais je sais que je peux devenir grand aussi. Comme toi. J'ai chaud et j'ai froid quand tu me regardes.

Regarde-moi.
Les digues sont construites. Les pièces d'argent sont frappées. Ma petite soeur a jeté son dévolu sur toi et je la suivrais où elle ira. Si elle te fait confiance, je te ferai confiance aussi. Jusqu'à la mort.

Regarde-moi.
Je suis presque aussi grand que toi. Ellen et moi ne sommes plus des boulets à traîner ou à éduquer. Nous pouvons commercer. Je t'aiderais à payer pour tes grands voyages par delà les mers pour y trouver la connaissance, la gloire, l'or.

Regarde-moi.
Regarde-moi quand tu extermines mon peuple pour avoir osé s'opposer à toi, regarde-moi grandir et te surpasser.
Regarde-moi, maintenant que mon épée va t'apprendre ce qu'il en coûte d'avoir cru que les Provinces-Unies se contenteraient pour toujours d'être un de tes jouets, une des pièces sur l'immense échiquier de ton empire.

Le navire ennemi se trouva enfin à portée, et le hollandais rancunier laissa les étincelles de pitié et d'affection qui restaient encore dans son coeur de pierre s'échapper de lui pour ne conserver au fond de sa poitrine que haine et agressivité.

Espagne n'était plus un ami, un modèle, un frère, un amant ; cette fois-ci, son Espagne était son ennemi, et du haut de son trône il tomberait.




Like the city that nurtured my greed and my pride,
I stretched my arms into the sky
I cry Babel, Babel, look at me now
For the walls of my tower they come crumbling down
You ask where will we stand in the winds that will howl
Is all we see we'll slipping to the cloud?
So come down from your mountain and stand where we've been
You know our breath is weak and our body thin


Press my nose up to the glass around your heart
I should've known I was weaker from the start
You'll build your walls, and I will play my bloody part
To tear, tear them down
Well I'm gonna tear, tear them down
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MessageSujet: Re: [ Espagne & Pays-Bas ] Bataille des Dunes - 1639 Dim 25 Oct - 22:48

Espagne se consolait alors que le bateau naviguait pour s'échapper de la flotte hollandaise, il se disait que ça n'était rien, il trouvait des excuses à sa défaite et sa fuite d'aujourd'hui. Oui, ce n'était qu'à cause de ce vent contraire que les bateaux germaniques avaient le dessus, après tout il n'avait pas l'habitude de se battre dans ces fourbes eaux de la mer du nord, il était bien plus doué dans le reste du monde, ici il avait un mauvais feeling oui c'était tout, qu'une bête histoire de vent qui donnait l'impression aux espagnols de perdre, peut être qu'une illusion d'optique que leur jouait le brouillard après tout ?
Ils avaient été fatigués par les batailles du passé, après tout les hollandais étaient en forme eux, forcément quand on a le reste du monde à remettre en place on finit par être un peu fatigué hein, voilà, les hollandais semblaient se moquer de cette petite fuite, de cette mini défaite mais qu'était ce à côté de tout ce qu'il avait accompli ? Qu'un misérable grain de sable noir au milieu de la plage dorée qu'était son empire, dans un mois il aurait oublié que cette bataille avait un jour existée, dans deux mois il aurait mit les hollandais coupables aux fers et Pays-Bas enfermé dans Madrid, à qui il donnerait des papiers à faire quand il ne le renverrait pas dans son pays plein de gadoue à cultiver des légumes.
Oui, il reviendrait, aujourd'hui n'était pas son jour, ça ne pouvait être son jour tout le temps. Antonio avait l'habitude de se raconter des mensonges et il commençait à croire à ceux qu'il était en train de se répéter, à défaut d'avoir des infos viables sur l'état du combat, et même s'il en avait il considérerait les mauvaises nouvelles comme de mauvais jugements. La fuite est parfois nécessaire et il utiliserait plutôt de nouveaux impôts plutôt que des galions pour écraser pays-bas. Ah, il pensait que ça serait fini mais il se fourrait le doigt dans l'oeil.


Espagne souriait, grimaçait, parlait tout seul en faisant les cent pas, dans un état de lente démence, parce qu'en vérité il luttait contre l'angoisse de l'avenir, et la culpabilité de n'être pas resté pour se battre. Ce fut un marin espagnol qui l'arracha à ses pensées, criant à l'ennemi, les autres se précipitèrent à l'arrière du galion, criant à propos des petites silhouettes qui pointaient de derrière le brouillard. Antonio releva la tête et resta sur place, une main agrippée à un cordage en regardant les bateaux pâles au loin tels des spectres foncer droit sur lui. Des spectres qui venaient lui faire payer ses "erreurs" du passé hein ? L'espagnol leur jeta un regard sombre, à moitié haineux, à moitié horrifié, son coeur balançant entre ces deux émotions car ils entrainaient chacun une décision différente. Mais peut être n'allait il pas avoir le choix car les navires allaient bien plus vite que lui et seraient bientôt à sa hauteur.

Alors comme ça ils voulaient absolument se battre ? Espagne était sans dessus dessous, incapable d'avoir les idées claires, l'angoisse et la peur se mêlait à une rage démesurée de ne pas arriver pour la première fois depuis longtemps à ne pas contrôler la situation. Pourtant il avait fait des choses incroyables dans le passé, comme faire détaler les arabes hors de son pays, ce qu'il se disait pour se rassurer lorsque la situation paraissait trop difficile...mais un frisson parcouru son échine lorsqu'il pensa qu'à cet instant il pouvait représenter les arabes, et que pays-bas était pareil que lui, jeune, se battant pour sa liberté.

Mais ce n'était pas la même chose n'est ce pas.

Avant qu'il n'ait pu se décider les navires étaient à sa hauteur.


Espagne : Mais tirez leur dessus, ne les laissez pas nous toucher, je le refuse, ils ne nous auront pas!!!

Ils n'avaient probablement jamais vu leur chef aussi paniqués, Antonio prit brutalement la barre et tourna un bon coup afin de foncer sur le petit navire qui lui collait aux flancs, dans le but de l'écraser, ce qui ne fonctionna pas car le petit bateau était plus rapide et s'échappa agilement tel un colibri. Dans la précipitation les hollandais venaient de réussir à tendre un piège à l'espagnol qui avait fait foncé sur galion sur....de gros rochers émergeants de l'eau. Un bruit de fracas terrible retentit, le bateau fut secoué brutalement, les espagnols en tombèrent sur le pont, un d'entre eux tomba même des cordages et s'écrasa sur le pont. Espagne seul se maintenant à la barre comme si sa vie en dépendait réussit à se maintenir sur ses jambes tremblantes malgré tout, il sentit le bateau qui ne bougeait plus, empalé dans un rocher, cassé, et qui ne résisterait plus longtemps aux caprices de l'océan. Tout était un peu plus silencieux. Soudain des cris déments retentirent, les hollandais grimpaient au navire échoué et l'abordaient. Les espagnols sortirent immédiatement leurs épées, hurlant aussi comme si ces grognements étaient censés être des rugissements de mise en garde envers les ennemis, il leur fallait bien ça car ils étaient tous angoissés et terrifiés. L'adrénaline les aidaient à ne pas trop réfléchir mais chacun avait une belle situation en espagne. Les hollandais qui déboulaient sur le grand bâtiment espagnol, eux, n'avaient rien à perdre, et tout à gagner.

Les cheveux du brun lui collaient au visage, à cause de la sueur, à cause de l'eau de mer, il sortit son épée également, la main tremblante, les ennemis se multipliant autour de lui mais quelque chose lui disait de tourner la tête alors qu'il n'entendait aucun bruit. Il se recula, se tournant, et reconnu immédiatement la silhouette qui s'avançait devant lui.

Il avait l'impression d'être devant son miroir lors de sa reconquista. Maarten avait la même expression que lui lorsqu'il avait dû reconquir son pays, un regard qui brûlait plus d'envie de vengeance que de liberté.
Espagne brandit son épée vers lui.


Espagne : N'APPROCHE PAS, NE VIENS PAS PAR LA, JE TE LE DEFEND, OBEIS A TON MAITRE, NE BOUGE PLUS JE TE L'ORDONNE.

Qu'il cracha, les yeux grands ouvertés, exorbités, habité par une fureur hystérique et épouvantée.
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