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[ Pays-Bas & Autriche ] Traité de la Barrière - 1715

 
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MessageSujet: [ Pays-Bas & Autriche ] Traité de la Barrière - 1715 Sam 4 Avr - 19:41






"
Prudence et langueur ont vaincu plus de résistance
qu'audace et provocation.

"



Citation :
"Messieurs,

Dans le cadre de la recherche et de votre cursus scolaire, vous êtes convoqués à une quête du Projet Revival, salle PR, à 13h Lundi 6 Avril. Mr Maarten Van Galen sera dispensé du cours de Littérature ce jour, Mr Roderich Edelstein sera dispensé du cours de Droit International ce jour.

Vous serez encadrés par un professeur disponible à cette heure.

L'intelligence artificielle vous donnera les détails de votre mission sur place.

Cordialement,

L'administration."

[Dès votre entrée dans la salle du Projet Revival, la voix robotique se fait entendre, vous énonçant comme à son habitude les règles et consignes à suivre pour le bien de votre mission. ]

Bonjour.

Veuillez prendre en compte les mesures de sécurité indiquées sur le règlement.
Si vous êtes malades, fatigués, blessés, ou autre, veuillez le préciser à votre professeur qui décidera ou non si vous êtes aptes à travailler.
Vous serez notés à la fin de cette mission.

Installez-vous sur les couchettes et placez votre tête et votre bras dans les zones appropriées.
L'écran sur votre gauche vous indique la date à laquelle vous allez être envoyés.

[L'écran affiche "1715. Europe. Anvers."]

Votre mission consiste à assister à la rédaction du traité complet, après les quarante huit conférences, et de défendre vos intérêts.
[ http://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_la_Barri%C3%A8re_%281715%29]

La synchronisation commencera dans trois... deux... un....





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MessageSujet: Re: [ Pays-Bas & Autriche ] Traité de la Barrière - 1715 Lun 6 Avr - 0:25

L'administration et les professeurs de l'académie avaient sans doute prévu dès l'origine du projet Revival de l'utiliser à des fins punitives. Découvrant avec stupéfaction et un brin d'agacement le document qui lui imposait une mission avec Autriche, le jeune hollandais se demanda même vaguement si chaque opération dans le passé n'était pas prévue spécialement en rapport avec les conversations et autres disputes qui rythmaient les jours. Des caméras étaient-elles disposées dans les recoins cachés de la salle commune ou bien une taupe épiait-elle leurs moindres faits et gestes pour leur donner par la suite exactement les missions qui les obligerait à tenter de faire plus ample connaissance les uns avec les autres ? Froissant le papelard entre ses doigts, il accepta de renoncer au cours de littérature, sans beaucoup de regrets, mais avec l'intuition profonde qu'il allait encore perdre une semaine à se remettre de son voyage dans le temps, et la désagréable sensation qu'on se moquait de lui.

Après sa mission éreintante psychologiquement avec Espagne, voilà qu'on lui imposait l'autre moitié du royal couple Habsbourg, cet espèce de nodocéphale aux faux airs de prince et à la fâcheuse tendance à lui donner des ordres sans qu'il n'en ait fait la demande. Sans vraiment saluer son partenaire de mission qui attendait devant la salle avec lui, il entra dans la pièce et s'installa comme d'habitude sur le fauteuil, écoutant à peine baratiner l'intelligence artificielle. Blabla si vous êtes malades, blabla si vous êtes trop faibles... S'ils étaient faibles et malades ils ne seraient pas là à jouer les nations, n'est-ce pas ? Il entendit la voix prononcer le mot "Anvers", et l'année, 1715. Rien de mieux pour l'ego qu'une petite mission située bien après son âge d'or, n'est-ce pas ? Est-ce que cette école essayait de marcher sur son amour-propre ou bien devenait-il parano à force de considérer tout un chacun comme un ennemi ? Il n'avait pas envie d'y réfléchir.

1715. Deux ans auparavant, les Provinces-Unies sortaient victorieuses d'une énième guerre qui avait coûté les yeux de la tête à la jeune nation qui entamait son déclin au profit de la France et de la Grande-Bretagne ; pouvait-on rêver mieux pour une mission avec une personnalité qui l'horripilait ? Une fabuleuse époque de déclin économique au profit de Kirkland et d'Autriche, et une époque où Francis essayait de coloniser tout ce qui pouvait être colonisé. Roulant des yeux tandis qu'on l'attachait à la machine, le blond se prépara mentalement à passer un mauvais moment, tout en gardant à l'esprit son esprit de compétition ; il jeta un oeil à l'autrichien, mais ce dernier savait rester digne en toutes circonstances, et il n'avait sans doute pas grand chose à craindre de cette mission. Le blond ne s'était pas renseigné de façon approfondie sur l'histoire de l'Autriche et il n'avait pas réalisé que le redressement économique de ce pays à cette époque était en partie artificiel et qu'il n'était pas beaucoup mieux loti que les Provinces-Unies. L'Histoire aurait bien vite fait de les remplacer et de les oublier, après tout.

1715. Se protéger des ambitions françaises était la priorité de Pays-Bas méridionaux fragilisés et de Provinces-Unies qui n'avaient que trop dépensé leurs ressources en guerres. S'allier avec ses deux ennemis historiques semblait la réponse la plus stratégique à offrir à ces ambitions démesurées.

1715. Le traité de la Barrière. Une barrière contre la France. Une barrière contre l'ennemi commun.

Lorsque les images du présent disparurent, dans un tourbillon sombre, et que les lumières blafardes du passé accueillirent les deux jeunes hommes, le hollandais reprit plus vite que les fois précédentes le contrôle de ses facultés physiques et mentales, et il passa rapidement au crible son environnement, pour ne pas perdre une seconde, avant que l'esprit des Provinces-Unies ne se superpose totalement au sien.

Dans la grande salle de réception dans laquelle s'étaient réunis une foultitude d'hommes politiques et autres nobles prétentieux qui pensaient connaître le monde, Autriche semblait plus grand et plus charismatique qu'à l'académie ; quelque chose dans la décoration esthétique du lieu et la façon dont il se tenait prouvait qu'il était à sa place dans ce monde. Le blond pour sa part n'avait jamais aimé les fanfreluches et les discussions qui s'éternisaient, et c'était avec une expression chafouine qu'il considérait l'autre nation.
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Autriche / Roderich E.
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MessageSujet: Re: [ Pays-Bas & Autriche ] Traité de la Barrière - 1715 Lun 13 Avr - 0:47

Il y avait des moments où l’on louait les alliances qui s’étaient forgés entre deux pays, des liens si intimes et puissants qu’ils devenaient une évidence. Il y en avait d’autres que l’on ne pouvait nier mais que l’on supportait avec une mauvaise grâce évidente et grinçante. Et puis il y avait ceux qu’on avait tendance à oublier jusqu’à ce que l’on se retrouve en face à face avec une des rares situations où une interaction s’avérait inévitable. Il y avait seulement des échos, des relents, un je ne sais quoi de pénible et d’insupportable. Puis cette situation se retrouvait plantée devant lui d’un air maussade et d’un œil torve. Oui à vrai dire il avait oublié les liens que l’Autriche pouvait entretenir avec les Pays-Bas, mais ceux que l’élève autrichien entretenait avec son homologue néerlandais avaient récemment eu le don de l’agacer encore plus facilement que d’habitude. Mais pour qui se prend-il, ce freluquet perché du haut de ses quelques centimètres de plus qui se croit à même de désobéir les règles et pire, la bienséance ?! Et comment osait-il agir de manière aussi détestable envers Antonio ? Comment osait-il s'en prendre à lui?

Il devait juste être…jaloux. Jaloux de l’emprise de l’empire Habsbourg sur son pays, à l’époque lointaine où deux pays créaient une dynastie glorieuse, un Empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais, mais où les ambitions vertigineuses et la mégalomanie avaient fini par brûler leurs ailes de cire. Oh non, il ne s’abaisserait jamais à ressasser ces supériorités passées avec autant d’arrogance. Mais il se plaisait parfois à y penser avec un petit frisson à la fois vindicatif et coupable. Non, après tout on ne pouvait guère excuser ses dominations passées à cause du comportement insupportable d’un simple porte-parole n’est-ce pas ? Ah, si seulement c’était si simple.

Ces pensées éparpillées lui permettaient d’ignorer les recommandations habituelles de l’intelligence artificielle et lui évitaient également d’avoir trop à regarder son partenaire de mission qui devait sans doute se plaire à avoir l’air blasé et prétentieux. Peuh. Non, il n’attendait qu’une chose, comme un verdict qui tombait, le déterminait, les déterminaient pendant les instants qui suivaient, alors qu’il patientait sur la couchette.

1715.

Un traité à élaborer…à Anvers. Après quarante huit conférences ? Ahh. Voilà le genre de choses qu’il appréciait bien plus qu’une bataille confuse et insensée. Oh il s’agissait encore d’un conflit…mais posé sur le papier et fort poliment, avec une pointe de venin. Il fermait les yeux et sentait comme un éclat de cette culpabilité une fois encore, toujours mêlée d’arrogance.

En rouvrant les yeux les bruits de la foule et des discussions l’envahissaient. Une grande salle, les questions et les arguments fusant dans tous les sens. Devant lui, une liasse de papiers repris, des mots rayés, repris, ressassés. Des partages de territoire qu’il n’avait plus le loisir d’envisager comme ses camarades de classes ou ses amis. La situation de l’archiduché d’Autriche se déposait sur les épaules de Roderich tel un lourd manteau, lourd d’obligations et de machinations qu’il s’avéra de se remémorer, d’analyser, avant que sa conscience ne s’incline face à celle du passé. Son passé glorieux et tyrannique. Encore une fois, un frisson d’adrénaline alors que les souvenirs et les faits s’entremêlaient, l’Autriche de 1715 y ajoutant déjà son sentiment tout personnel.

1715. Juste après la fin de la guerre de succession d’Espagne qui avait secoué le règne de la noble maison de Habsbourg et ses propres certitudes d’empire incontesté, intouchable. Le dernier Habsbourg espagnol mourait sans descendance, la branche sœur des Habsbourg d’Autriche s’éteignait, comme la promesse de domination d’un grand Empire Habsbourg s’étalant en Europe et au-delà des mers. Bien sûr que cela revenait de droit à la maison d’Autriche et son Saint-Empire Germanique. Il ne pouvait en être autrement.

C’était une affaire de famille. De mariage. De droit divin. Tout ce qui est terrestre est soumis à l’Autriche, disait la devise des Habsbourgs d'Autriche. Et Espagne était à lui. Espagne était le joyau de la couronne impériale qu’il se devait de posséder…protéger. Du pareil au même.

Mais la France ne l’entendait pas ainsi, et s’avisait de défier la suprématie des Habsbourg avec les prétentions ridicules des Bourbons. Alors ils s’entredéchirèrent à travers une guerre laborieuse, se battant sur les lambeaux de l’Espagne.

Question d’honneur de sa lignée impériale, de territoire, d’expansion.

Sans rancune. Et sans pitié.

Mais il s’épuisait à la tâche et ses ennemis tout autant. Et quand on avait fini de gaspiller son argent et d’épuiser ses ressources, on s’asseyait et on négociait. Tout pour avoir le dessus. Un échange de territoire par ci, une concession par là. A ce moment là l’Autriche savait peut-être que son âge d’or se ternissait, et que dans quelques siècles à peine ce serait l’existence même de son empire qui serait en jeu. Les traités se succédaient et au jeu des faveurs des puissants se heurterait bientôt un vent de révolte populaire, un rêve d’indépendance. Mais ce fait, il avait encore un peu de temps afin de ne plus pouvoir l’ignorer. En attendait les traités d’Utretch lui avaient fait obtenir l’Italie comme consolation d’avoir dû renoncer à l’Espagne, le cœur d’une dynastie centenaire qui lui échappait du bout des doigts. Et alors que le traité de Rastatt signé entre lui et France signalait la fin de cette guerre, ce qu’il perdait en prestige impérial il retrouvait en puissance territoriale. La possession des Pays-Bas espagnols et des territoires italiens le rendaient plus grand qu’il ne l’avait jamais été auparavant, son ombre s’étendant sur l’Europe de l’Ouest et du Sud, faisant reculer les désirs d’expansion de son ennemi juré français. Mais ça ne se terminait pas là. Il fallait écraser France, empêcher tout mouvement. Ce traité confirmerait l’occupation des troupes autrichiennes au sud du territoire des Pays-Bas espagnols et confirmerait son contrôle total du territoire, afin de protéger les Provinces-Unies. La « Barrière ». Oui, ce territoire serait surtout SA « barrière », un pivot stratégique utile qui renforçait sa domination.

Enfin, bien sûr il s’agissait d’établir une alliance, un accord. Le but était en théorie que chacun y trouve son compte. Et ses comptes. Il se méfiait de tout ce qu’il allait devoir à ce blond qui le fixait d’un air terne.

Provinces-Unies. Celui qui était susceptible de tout compliquer au lieu de se la fermer, trop imbu de son statut d’allié, on ne peut plus ‘heureux’ d’avoir pu se tirer de cette guerre tant bien que mal. Peuh. Bien sûr qu’un pays aussi petit n’avait rien de plus à perdre, contrairement à lui qui avait un certain…niveau à maintenir.

Mais Provinces-Unies était malin et de plus, fort antipathique par rapport à Autriche. Bien sûr qu’il allait essayer de rajouter son grain de sel concernant les argents pour dommages et entretiens des troupes qu’il lui devait.
Le but était en théorie que chacun se retrouve dans une situation mutuellement avantageuse.

Le but était en pratique de donner cette illusion mais de s’en tirer avec la situation la plus avantageuse.

"Je pense que nous pouvons tous nous accorder sur le fait que la présence des troupes autrichiennes ne fera que renforcer d’une part la protection qui pourra être accordée aux Provinces Unies et d’autre part empêcher toute avancée française vers le nord. C’est une situation on ne peut plus enviable que l’on vous tend sur un plateau… ! Ce serait presque œuvre de charité ! Et n’avons-nous pas besoin de tels actes de charité, face aux désirs impies du royaume de France… ?"

Il marque un temps de pause pour laisser les réactions amusées mais séduites de son auditoire faire leur effet. Mais il voulait susciter une réaction en particulier.


"N’êtes vous pas d’accord, Provinces-Unies… ?"


Il le fixait du haut de toute sa grandeur, imbu de ce magnétisme étrange qui nimbait d’assurance et d’éloquence ses moindres faits et gestes. Oui il paraissait plus grand, tout de noir vêtu tel l’aigle à deux têtes de son blason, une croix catholique d’or brillant entre les plus de son jabot. Cette grandeur était à l’image d’un pays à la tête d’un empire physiquement plus immense que jamais. Mais les vêtements sobres cachaient ses troubles économiques derrière les fadaises de puritanisme catholique de la cour de Vienne. Le tissu sombre cachait ses cicatrices. Et cette grandeur n’était qu’une illusion derrière la fatigue et la nausée d’une situation tendue, affaiblie, d’une peur: celle de ne jamais redevenir aussi puissant, ou de perdre cette nouvelle puissance du jour au lendemain. Il était souriant et serein, mais son regard brillait d’une ferveur assurée, dangereuse. Cette peur et cette soif de pouvoir le rongeaient lentement comme une fièvre. Comme une fièvre elles étaient brûlantes et frustres avec leur lots d’hallucinations et de rêves exaltés. Et tel un joueur de carte n’osant arrêter de jouer de peur d’abandonner la victoire mais craignant de perdre toutes ses cartes au prochain tour il s’acharnait avec le panache de celui qui croyait encore fermement que le droit divin était encore assurément de son côté.


"Je pourrais méprendre votre mutisme jusqu’ici pour un assentiment mais nous serions ravis d’en entendre la confirmation de vive voix !"



Le ton poli mais dégoulinant d’assurance arrogante déclencha quelques ricanements entendus et lui provoquaient un sourire presque insolent, un geste languide de la main comme pour inciter une réponse mais trahissait aussi un spasme nerveux d’impatience. Il le défiait du regard. Vas-y, joue le jeu. Cartes sur table.

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MessageSujet: Re: [ Pays-Bas & Autriche ] Traité de la Barrière - 1715 Lun 13 Avr - 22:39

Ses yeux avait depuis de longues minutes déjà choisi une autre occupation que l'observation des dizaines d'imbéciles poudrés et de peigne-culs arrivistes qui s'auto-proclamaient ducs, archiducs et que sais-je encore. Il avait assez soupé d'anglais pompeux qui donnaient des ordres et d'autrichiens agressifs qui se permettaient de parler à ses concitoyens comme des gueux de seconde classe. Dehors, les maisonnettes anguleuses d'Anvers brillaient doucement sous le soleil pâle du matin et il se prenait à rêvasser d'aller faire un tour seul dans les rues plutôt que de souffrir encore des heures de ces interminables discussions. De temps à autres, il ravivait le feu dans le fourneau de sa longue pipe en céramique blanche, installé dans un fauteuil comme s'il était dans son salon, et il adressait des regards lugubres et désabusés à l'assistance ainsi qu'au délicieux personnage austère qui dirigeait les conversations.

Bah. Rien de bien intéressant à voir de ce côté là. Chaque seconde passée à soutenir le regard du représentant de l'Autriche contribuait à aggraver son humeur, et malgré les années qui s'étaient écoulées et les quelques leçons de zen qu'il avait reçues par Japon, il était toujours bien incapable de rester doux et diplomate quand ses intérêts étaient bafoués. Au diable la guerre, au diable les bateaux dans les Caraïbes qu'il ne pouvait plus entretenir, au diable l'Angleterre et toutes les guerres qu'il avait gagnées ou perdues contre lui, au diable la France et ses ambitions de mégalomane au vit réduit. A croire que toute l'Europe avait quelque chose à compenser, à avoir à ce point besoin de conquérir toutes les terres environnantes pour s'agrandir, dans le seul but de pouvoir se regarder dans la glace et se rengorger en pensant à toutes ces nations asservies. Il ne faisait qu'à peine exception à la règle, mais la mauvaise foi restait sa qualité primordiale. Au diable Espagne et ses pathétiques tentatives de garder la tête hors de l'eau alors qu'il coulait à pic et que France n'avait plus qu'à l'emporter dans sa cage dorée sans qu'il ne puisse rien faire pour se défendre. Pathétique.

Le Rampjaar de 1672 avait plongé les Provinces-Unies dans les catastrophes économiques et Maarten n'avait récolté de tout cela qu'une propension encore plus forte à oublier de sourire. La façon dont Autriche s'adressait au grand blond vêtu de gris et de bleu terne ne lui plaisait pas, et il balayait la salle d'un regard las quand l'audience réagissait de façon positive à ce qu'il disait. Un beau ramassis d'imbéciles. Parfois sa seule satisfaction du jour était de savoir que le temps qu'il cligne des yeux tous ces types seraient morts et enterrés, emportés par le temps.

Deux ans avant la signature du traité de la Barrière, son âge d'or prenait fin et son ego s'était retrouvé écrabouillé et réduit au silence. On ne fait plus autant le fier quand on se rend compte de ses échecs. Il regardait Autriche et se demandait s'il était conscient que ce redressement n'était que factice, temporaire... Se croyait-il si grand, lui, coincé au milieu du reste de l'Europe face à la puissance française ?

Autriche : "Je pense que nous pouvons tous nous accorder sur le fait que la présence des troupes autrichiennes ne fera que renforcer d’une part la protection qui pourra être accordée aux Provinces Unies et d’autre part empêcher toute avancée française vers le nord. C’est une situation on ne peut plus enviable que l’on vous tend sur un plateau… ! Ce serait presque œuvre de charité ! Et n’avons-nous pas besoin de tels actes de charité, face aux désirs impies du royaume de France… ?"

Maarten se rappelait de quand il était môme, et qu'Espagne et Autriche lui paraissaient tellement inaccessibles, mystiques et cruelles figures d'autorité qui lui faisaient comprendre l'humilité et rêver d'arriver à leur niveau. Que d'eau, que d'eau avait coulé sous les ponts depuis cette époque. Et finalement, à revoir Autriche maintenant, il se souvenait qu'il ne les avait jamais vraiment supportés. Fallait-il qu'il fut jeune et naïf pour avoir vu en ces deux têtes couronnées des modèles à imiter. Expirant lentement la fumée de sa pipe, il observait Roderich et le trouvait insupportable. Maarten adolescent bouillonnait de rage de se faire parler ainsi et s'il avait maîtrisé l'art des mots il aurait essayé de faire preuve d'une répartie cinglante et impulsive, mais Maarten adulte n'avait que trop compris les conséquences d'une violence irréfléchie. Et de toutes façons, il n'avait pas envie de perdre encore plus d'argent pour des disputes futiles. Après tout, le silence est d'or.

Autriche : "N’êtes vous pas d’accord, Provinces-Unies… ?"

Son regard bleuté soutenait celui de l'autrichien sans faire montre de la moindre soumission mais son expression était presque dénuée même d'animosité. Se redressant légèrement sur son fauteuil, tapotant la cendre de sa pipe, le hollandais comprenait qu'il ne pourrait pas rester silencieux toute l'après-midi, surtout que tous les yeux étaient posés sur lui maintenant. Dommage. Il aurait bien laissé l'autrichien monologuer, après tout ce dernier semblait visiblement grandement apprécier le son de sa propre voix.

Autriche : "Je pourrais méprendre votre mutisme jusqu’ici pour un assentiment mais nous serions ravis d’en entendre la confirmation de vive voix !"

De l'arrogance maintenant ? Allons. Ce n'était pas au vieux singe qu'on apprenait à faire la grimace, et si le blond n'avait pas de talent particulier pour comprendre les autres, il n'était pas dupe. Il savait reconnaître le bluff de celui qui sait qu'il n'a plus rien à perdre. Il n'aurait pas pu développer son commerce de manière aussi florissante s'il n'était pas meilleur que les autres à ce petit jeu là.

Provinces-Unies : "Inutile d'inverser les rôles."

Il reprit une bouffée de son tabac indonésien et continua :

Provinces-Unies : "Les Pays-Bas espagnols... Ellen. Ils te reviennent de droit puisque tu récupères tout ce qu'Espagne a laissé. Ne fais pas comme si tu me faisais une faveur à la protéger de France, je ne veux pas de ta misérable charité. Tes troupes iront chez ma soeur pour te protéger toi, parce que tu as peur de France."

Bien entendu, la Barrière l'arrangeait aussi, et il était hors de question de refuser cette offre. Mais on n'accepte pas une proposition en agitant la queue et en tendant des mains avides en sa direction ; on jouait les inaccessibles. C'était du 60-40 en sa faveur ou rien. Son regard se posa dans celui d'Autriche et il ne cilla plus pendant un petit moment. Ce n'était pas le moment de montrer un signe de faiblesse. Ce n'était pas le moment d'accepter qu'il n'était plus que l'ombre de lui-même et qu'il n'avait plus vraiment les moyens de se permettre de jouer les princesses capricieuses. Mais ça, Autriche n'était pas obligé de le remarquer. Finalement, les deux nations jouaient les coqs mais ils ne faisaient que fanfaronner et cacher les cicatrices. Triste époque.

Provinces-Unies : "Comme l'a décrété le deuxième Traité de la Barrière, je veux des places fortes aux Pays-Bas méridionaux. Je veux la libre circulation de mes troupes. Je ne peux pas garantir l'efficacité de la Barrière si mes hommes ne peuvent pas protéger le nord efficacement."

Il s'était levé pour donner plus d'importance à ses paroles et il posa une main à plat sur les documents qui s'entassaient devant lui sur la table.

Provinces-Unies : "Ah. Et je veux 1 250 000 florins."

You got your grift all fine tuned and sparkling.
Yeah, you got your bored look all worked out.
You are all enlightened; nothin' makes you frightened.
You ain't got no time to waste on entry-level middle class.
You are supercilious, pretty and ridiculous.
You got really good taste; you know how to cut and paste.

What you got is a black belt in BS,
But you can't hawk your pretty wares up in here anymore.
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MessageSujet: Re: [ Pays-Bas & Autriche ] Traité de la Barrière - 1715 Dim 12 Juil - 1:13

Cette attitude lui donnerait des envies de meurtre. Mais était-ce seulement une préméditation de meurtre quand il s’agissait de celui d’une nation vouée à l’immortalité…du moins tant que son gouvernement et son peuple jugeaient bon de le faire perdurer… ? Le cœur d’une nation n’allait pas plus loin que la confiance qu’il vouait en son Etat, après tout. Il pouvait survivre pendant des siècles et se détruire en quelques mois. Il pouvait se perdre peu à peu en morcèlements de cultures, de territoires et d’identités, absorbées en un autre, disparaissant peu à peu en régions, en dialectes et en peuples épars, qui ne persistaient qu’à travers le souvenir. Non, étant donné l’agacement particulièrement mémorable que lui provoquait le néerlandais, ce n’était pas encore son cas. Toute pulsion "humaine" de le faire taire était vile et barbare. Et après tout, inutile. Si on voulait toucher une nation, il ne fallait pas atteindre le cœur, mais l’esprit.

""Tu sembles considérer ma garde de ta sœur comme un fait lâche et peu impressionnant, dû comme il est à une récupération en tout bien tout honneur des biens d’Antonio…d’Espagne. C’est effectivement un fait légal comme un autre." Il fronçait légèrement les sourcils.

""Mais ne joue pas trop au jeu du mépris quand je peux décider aussi facilement du sort de ta sœur." Il haussait un sourcil, le toisant avec une froideur calculée et calculatrice tout à la fois. Il étouffait avec véhémence la culpabilité et le frisson de dégoût de soi qui le traversait à ces paroles. Il repensait aux instants ô combien plus simples quand il pouvait encore visiter Belgique avec Espagne, qui traînait toujours un Italie du Sud ronchon avec lui, alors que Pays-Bas surveillait d’un air ténébreux, plus loin. Tout semblait plus simple…plus lumineux. Et la belge avait toujours un sourire chaleureux et accueillant.

Maintenant, il se rendait bien compte qu’un sourire pouvait être nerveux et que ne pas avoir le choix d’accueillir quelqu’un en sa demeure ne s’égalait pas à un lien véritable. Par ailleurs, Hongrie était bien placée pour le savoir et lui faire savoir. Et elle, c’était sans le sourire.

Mais maintenant n’était pas le moment de reconsidérer son comportement envers un territoire conquis. Faire preuve de gentillesse n’allait pas changer quoique ce soit. Et il n’avait pas le temps de faire preuve de faiblesse. Belgique, Provinces-Unies…ils devaient être des outils, des pions sur l’échiquier européen. Question de logique, sans sentiments autorisés.

""Elle n’est pas en position de puissance. Et si tu tenais un tant soi peu à sa sécurité et à sa longévité au sein de l’Empire, tu cesserais de confondre argumentation et insolence."

Il souriait légèrement, arrogant, sachant bien qu'il jouait avec le feu avec cette menace mais bien certain qu'il n'était pas en mesure de s'y brûler. " …quand à ma ‘misérable’ charité, Provinces-Unies, est celle que Dieu confère à l’empereur à la tête de ses territoires, chargé de veiller sur ces pays et de les protéger. En rejetant cette charité, tu rejettes l’œuvre et la mission divine… " Il balaya cette idée absurde, hérétique de côté, avec un petit sourire. ""…Ce n’est sans doute pas ce que tu voulais dire n’est-ce pas… ?"

Mais fais donc attention à ce que tu réponds, Provinces-Unies. Ici dans ce milieu affolé de bienséances, les opinions se resserraient rapidement et sèchement autour de l’intrus avec la violence d’une lame sur ta gorge palpitante.
Bien sûr que non, ce n’était pas ce qu’il voulait. Mais si le néerlandais possédait une qualité directe et brutale avec ses mots, telle une lame ayant perdu de sa pointe mais rien de son tranchant, il avait suffisamment de piquant pour lui tenir tête. Détruire sa capacité à se démener avec cet aplomb flegmatique qui l’enrageait.

""Prétendre que j’ai peur de France est une bien regrettable excuse pour tenter d’évader le fait que tu es, avec Belgique, dans une position bien plus vulnérable par rapport à lui…" Il le toisait d'un air condescendant. ""…Si je retirais cette Barrière, serais-tu tenté de me traiter de lâche à la place pour vous avoir laissés à vos propres dépens face à lui… ? J’en ai l’impression. Il faudrait donc savoir ce que tu veux."

Il soutenait son regard fixe, digne et froid. Certaines des fioritures et des fanfreluches étaient tombées ; oui, ses mots tordaient et changeaient à sa guise ce qu’il disait, mais n’était-ce finalement pas afin de mieux leur convenir, à tous deux… ? Il n’agissait ainsi que dans leur meilleur intérêt ; et si il se montrait dur et arrogant, c’était parce qu’il fallait que l’un d’eux cède…et ce ne serait pas lui. Oh que non. Il se souvenait d’une pièce qu’il avait vue chez Angleterre il y a des siècles, ces mots qui lui avaient toujours paru si doux, et si…logiques. Ignorant qu’ils étaient prononcés par un être aigri de revanche et de pouvoir, par un Prince du Danmark dans un monde corrompu, peu avant sa mort violence.

I must be cruel only to be kind.

Cruel pour être tendre…

N’était-ce pas l’intérêt même d’agir froidement pour le bien commun… ?
Dans ses désillusions désespérées, sa délusion de grandeur épuisée, c’était le cas.

""Peut-être que cette Barrière se prouverait plus efficace dans ton esprit si tu te montrais plus coopératif. Tu agis comme si tu ne faisais que subir ce qui est, finalement, tout à ton avantage…" constatait l’autrichien d’un ton détaché. ""Si tes troupes circulent librement et dérangeaient le bon déroulement de la Barrière...tu t’empresserais de te plaindre envers moi. Ah, et tu veux 1 250 000 florins… ?" Il haussa un sourcil, languide et sans concessions, bien qu'il grince légèrement des dents. Il n'allait pas échapper à l'affront de se faire extorquer par ce pingre, nul doute, mais il n'allait pas tendre gentiment la main pour se faire dévorer le bras.

""Nous voudrions tous 1 250 000 florins ici. Mais toi, aurais-tu au moins les moyens de justifier une telle demande par rapport à la Barrière…?" Il le toisait de haut, la tête légèrement inclinée, le regard violacé luisant froidement.

"Je n’inverse pas les rôles Provinces-Unies. Au contraire, je me montre très raisonnable. Tu ferais mieux d’en profiter non… ?"


Vu qu’après tout, tout comme moi, tu n’as pas le choix.

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MessageSujet: Re: [ Pays-Bas & Autriche ] Traité de la Barrière - 1715 Dim 25 Oct - 23:14

Pendant un long moment, la fumée langoureuse et disparate s'échappant de sa pipe blanche fut la seule réponse qu'il daigna accorder au monologue de l'homme qui lui faisait face. Les volutes s'évaporaient au rythme d'une respiration calme, impassible, malgré sa station debout : mais hors de question de se rasseoir pour l'instant, il lui fallait rester droit et déterminé pour ne pas laisser à Roderich la moindre chance de le placer en situation d'infériorité. Chose qu'il semblait essayer de faire à grands renforts de beau maniement du verbe. Les talents d'orateurs de celui qui a passé une éternité à cacher ses véritables émotions et pensées derrière des masques. Décorer la vérité avec un joli vocabulaire. Transformer ses pensées obscures en flèches fleuries qui visaient le coeur de ses adversaires avec la même précision qu'un archer au combat. Il se sentait en sécurité derrière ses belles phrases savamment orchestrées, très certainement. Pays-bas détestait trois choses par-dessus tout en ce monde : les hypocrites, les menteurs, et les voleurs. Dans son beau costume et ses lèvres déversant du poison sucré, l'autrichien incarnait, peut-être malgré lui, tous les défauts qui parvenaient à faire perdre au hollandais toute notion de politesse et de tact.

Quand il avait mentionné sa soeur, une violente vague de hargne avaient coulé dans ses poumons. Quelques décennies plus tôt et il aurait déjà coupé court à toutes discussions, sans demander son reste. Mais il n'était plus vraiment en position de sortir de la salle de cette façon. Son regard de glace fixé sur Roderich n'avait laissé transparaître à cet instant qu'un désintérêt tout contrôlé. Quand cet infect petit prétentieux avait sous-entendu que pour lui, Ellen n'était qu'un des biens de son précieux petit espagnol ("Antonio", et pas Espagne, la nuance ne lui avait pas échappé et il fut admiratif de l'attention que l'autrichien portait au détail), quand il avait osé dire qu'il pouvait décider du sort de la petite blonde, quelque chose s'était mis à bouillonner au fond de ses entrailles. Une lueur avait traversé rapidement son regard, mais il n'avait pas bougé. Il lui fallait plus de tabac. Inutile de briser des heures de self-control pour cela, n'est-ce pas ? Ravale ta fierté, Van Galen, ce n'est pas elle qui te sauvera des prétentions françaises. Pour l'instant, le seul à pouvoir t'aider est cette vermine poudrée qui te regarde comme si tu n'étais qu'un pauvre enfant perdu et inférieur.
Il te regardait souvent comme ça, à l'époque. Parce que tu n'étais rien, aux yeux de celui qui se prenait pour l'empereur le plus digne et le plus invincible d'Europe. D'une pichenette il t'aurait renversé. Il avait autorisé ton existence, et s'il ne l'avait pas fait, tu ne serais peut-être pas là pour le regarder méchamment.

Du haut de son trône doré aux côtés d'Espagne, ils étaient persuadés d'être bons et justes, sévères mais sages, cruels mais dignes. Et il avait laissé Ellen entre leurs mains griffues pour qu'ils continuent de nourrir l'espoir de contrôler l'Europe. Il avait toujours regretté de ne pas avoir lutté plus fort pour la sortir de ce nid de guêpes doré dans lequel elle avait voulu rester de son plein gré. Elle qui ne voyait pas quand on lui servait des mensonges sur un plateau argenté, elle qui ne comprenait pas qu'on lui faisait bouffer des sentiments et des promesses vides. Quand il avait tenté de lui faire comprendre, elle n'avait pas voulu le croire. Comment pouvait-on ne pas le voir ? Comment pouvait-on regarder le visage fermé de l'autrichien et y voir de la sincérité ? Tout son être puait le mensonge et la présomption. Oh, comme il aurait voulu voir ce joli visage de cire se craqueler sous le poids de sa culpabilité.

Autriche : "Elle n’est pas en position de puissance. Et si tu tenais un tant soi peu à sa sécurité et à sa longévité au sein de l’Empire, tu cesserais de confondre argumentation et insolence."

Il s'écarta de la table sur laquelle il avait posé le poing et rajouta quelques miettes de tabac dans sa pipe, nonchalant. Il ne répondrait pas. Comme un élève impétueux tenant tête à son professeur. La douce sensation de nicotine dans ses veines l'empêcha de faire craquer sa pipe en deux pour lui montrer ce qu'il aurait voulu faire avec sa petite tête bien coiffée.

Autriche :  " …quand à ma ‘misérable’ charité, Provinces-Unies, est celle que Dieu confère à l’empereur à la tête de ses territoires, chargé de veiller sur ces pays et de les protéger. En rejetant cette charité, tu rejettes l’œuvre et la mission divine……Ce n’est sans doute pas ce que tu voulais dire n’est-ce pas… ?"

Les autres hommes présents dans la pièce attendaient avec impatience une réponse du hollandais à cette réplique qui sonnait davantage comme la pire des provocations que comme une innocente petite question. Maarten sentait le feu du mépris et de la colère au fond de son ventre commencer à le dévorer de l'intérieur. Ce n'était pas une bonne chose, mais il n'en faudrait pas beaucoup plus pour briser définitivement son attitude désenchantée qu'il arborait depuis le début des festivités. Il ne fallait pas qu'il perde à ce petit jeu. Il avait tous les droits de faire preuve de doléances concernant ce traité. Et il avait beau jouer les protecteurs avec sa petite soeur, le but restait bien de faire des Pays-Bas autrichiens un état tampon pour se protéger de Francis.

Provinces-Unies : "Dieu a créé le monde, et les Néerlandais ont créé les Pays-Bas. Ils n'ont besoin ni de la charité de Dieu ni de celle d'un souverain fantoche. Je te conseille de faire attention à ta façon de me parler."

Il écarta sa pipe de ses lèvres pour expirer sa fumée, mais la remit dans sa bouche, pour s'abstenir de parler davantage et perdre le peu de courtoisie qu'il avait réussi à conserver jusque là. Son ton était sec, et il n'était pas difficile de voir qu'il suffirait de peu pour que les faux semblants tombent de son côté aussi. Les avis et les pensées de tous les autres personnages présents ici l'empêchaient pour l'instant de laisser libre court à son imagination, et comme la vulgarité hollandaise n'avait pas son pareil lorsqu'il fallait rappeler à une autre nation qu'elle n'avait pas le moindre droit sur son fier peuple... il lui fallait mieux se taire. Il ne tremblait pas, mais son sang lui semblait pareil à des flammes sous sa peau.

Autriche : "…Si je retirais cette Barrière, serais-tu tenté de me traiter de lâche à la place pour vous avoir laissés à vos propres dépens face à lui… ? J’en ai l’impression. Il faudrait donc savoir ce que tu veux."

Provinces-Unies : "Je n'ai pas besoin de tes menaces pour te traiter de lâche. Tu es un lâche et tu le sais déjà."

Cette fois, il le regardait dans le blanc des yeux, et n'était plus un gamin insolent que Roderich avait devant lui. C'était la puissance qui avait tenu tête à la mer et au monde et qui n'avait pas peur d'un petit dirigeant pompeux juché sur ses grands chevaux. Il n'avait pas eu peur de tenir tête au royaume d'Espagne, il n'aurait pas peur de tenir tête à l'autre partie du couple royal.

Autriche : "Nous voudrions tous 1 250 000 florins ici. Mais toi, aurais-tu au moins les moyens de justifier une telle demande par rapport à la Barrière…? Je n’inverse pas les rôles Provinces-Unies. Au contraire, je me montre très raisonnable. Tu ferais mieux d’en profiter non… ?"

Depuis le début de la conversation, le blond au regard profondément sinistre gardait enfermé au fond de lui le mélange ignoble de rage, de fierté, de faiblesse, de colère et peut-être de jalousie qui flambait en lui.
Oui, Autriche avait avec son empire tout ce que le hollandais avait toujours voulu avoir.
La richesse, les caisses pleines à ras bord. Le pouvoir, le contrôle de territoires stratégiques, la capacité de protéger les nations plus faibles. L'amour des dites nations, de sa soeur, et d'Espagne.
Mais l'envie et l'avarice qui détruisaient le hollandais de l'intérieur ne le feraient pas ployer aujourd'hui. Aujourd'hui, Roderich allait cesser de le regarder avec cette expression pincée et dédaigneuse qui le caractérisait, il ne poserait plus sur lui ce regard qu'un souverain pose sur son écuyer avant de le faire dégager du chemin d'un coup de pied. Il ne le tolérerait plus.
Cette dernière insulte lancée contre son intelligence acheva de laisser sortir tout le fiel qu'il aurait du garder enfermé pour ne pas ruiner la crédibilité que l'autrichien tentait avec brio de détruire.

Le couteau qu'il planta dans la table violemment sans quitter l'autrichien du regard fit résonner un craquement sinistre dans la grande pièce.

Provinces-Unies : "J'aurais 1 250 000 florins pour entretenir mes garnisons. J'aurais le libre accès de mes messagers militaires vers les places de garnison. J'aurais le droit d'installer des lignes défensives sur le Demer et l'Escaut. Tu vas sagement entretenir un corps d'au minimum 25 000 hommes sur mes territoires et tu vas aussi fermer cette grande gueule que tu ouvres et que tu fermes sans raison depuis vingt minutes avant que je ne te fasse taire de force."

Il avait perdu au jeu de fourbes qu'Autriche avait imposé. Mais peu lui importait. Il n'avait pas utilisé de ton aussi agressif depuis des années et ça faisait un bien fou de balayer la bienséance forcée de ces réunions du plat de la main sans réfléchir.  

Provinces-Unies : "Est-ce que je me suis bien fait comprendre."
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